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Quelle est l’étendue de la culture d’asperges au Luxembourg ?

Questions parlementaires Agriculture et viticulture André Bauler

Dans sa question parlementaire adressée au ministre de l’Agriculture, le député DP André Bauler se renseigne entre autres sur le nombre de cultivateurs d’asperges au Luxembourg, sur le nombre d’emplois dépendant de la culture d’asperges ainsi que sur aides disponibles pour celle-ci.

Question

Monsieur le Président,

Par la présente, j’ai l’honneur de vous informer que, conformément à l’article 80 de notre Règlement interne, je souhaite poser la question parlementaire suivante à Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs:

« Il va sans dire que la culture des asperges constitue une chance pour diversifier l’offre de produits agricoles venant de nos contrées tout en générant des revenus complémentaires pour les entreprises agricoles qui sont prêtes à varier davantage leur production.

Voilà pourquoi j’aimerais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs:

  • Monsieur le Ministre peut-il présenter des statistiques concernant le développement de la culture des asperges au Luxembourg?
  • Combien de producteurs ont décidé de s’investir dans ce domaine? Combien d’emplois en dépendent et quel est le chiffre d’affaires total en la matière? Quelles sont les régions préférées pour  cultiver des asperges au Luxembourg?
  • Par quels instruments les pouvoirs publics soutiennent-ils la production d’asperges? »

Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma très haute considération.

André BAULER
Député

Réponse de Monsieur le Ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs à la question parlementaire no 2925 de l’honorable Député Monsieur André Bauler

1. Monsieur le Ministre peut-il présenter des statistiques concernant le développement de la culture des asperges au Luxembourg ?

La culture d’asperges blanches n’est pas très répandue au Luxembourg. Il faut noter que ce n’est que dans les dernières années que la production commerciale s’est développée dans notre pays, et elle continue d’augmenter progressivement d’année en année.

En 2016 la surface totale déclarée cultivée en asperges a atteint environ 8 hectares et au cours de ce printemps 3 hectares d’asperges supplémentaires viennent d’être plantés.

2. Combien de producteurs ont décidé de s'investir dans ce domaine? Combien d'emplois en dépendent et quel est le chiffre d'affaires total en la matière? Quelles sont les régions préférées pour cultiver des asperges au Luxembourg?

Actuellement ce sont essentiellement deux entreprises agricoles qui se sont lancées dans cette culture.

En 2006, la famille Hoffman s’est lancée en installant un premier champ d’asperges dans les sols sableux du plateau de Hunsdorf.

L’Oesling n’est certainement pas une région traditionnelle pour la culture des asperges. Ceci n’a cependant pas empêché deux agriculteurs, Luc Hoffmann et Berny Schroeder, associés de la société Legulux, de relever le défi de produire des asperges sur les plateaux ardennais.

Il est difficile de préciser combien d’emplois sont générés par cette culture. Mise à part la saison de récolte, les travaux culturaux peuvent s’intégrer dans les autres activités agricoles des exploitants. Le besoin intense en main-d’œuvre se situe au moment de la récolte. Si pour un hectare de culture d’asperges il faut consacrer grossièrement 200 heures par an pour la conduite de la culture, le besoin en main-d’œuvre pour la récolte arrive au triple, c.-à-d. environ 600 heures. Une fois que la surface de production devient plus importante, il s’avère nécessaire de recourir à des travailleurs saisonniers pour assurer la récolte.

Par rapport aux grandes régions de production européennes, la production nationale a de sérieux désavantages liés aux facteurs suivants : les conditions climatiques ne sont pas optimales, les sols sont moins favorables et le coût de la main-d’œuvre est élevé. Ceci résulte dans un début de saison plus tardif, un rendement en asperges par hectare nettement inférieur et finalement à des coûts de production plus élevés.

Mais la production nationale a aussi des atouts qu’il faut mettre en évidence.

Il va sans dire que les rendements maxima en quantité à l’hectare ne sont guère synonyme d’une meilleure qualité, que ce soit au niveau de la consistance ou au niveau de la saveur. Dans ce contexte, il faut aussi souligner qu’un des facteurs majeurs intervenant dans la qualité de ce produit est la fraîcheur. Sur ce point, les asperges luxembourgeoises sont imbattables: récoltées aujourd’hui, les asperges peuvent être disponibles dans les restaurants ou les supermarchés le lendemain. Seul l’achat directement auprès du producteur pourrait encore raccourcir ce délai.

Un facteur clé pour la réussite commerciale en matière de production d’asperges à plus grande échelle au Luxembourg est un partenariat loyal et durable entre le producteur et le distributeur, que ce soit une chaîne de supermarchés ou un grossiste. Ce dernier doit être à même de valoriser au mieux ces asperges luxembourgeoises de haute qualité.

Il n’appartient pas au ministre de l’Agriculture de divulguer des chiffres commerciaux confidentiels tels que le chiffre d’affaires de deux entreprises individuelles. Mais le fait que nos producteurs agrandissent continuellement leurs surfaces de production est probablement un bon indicateur sur la rentabilité de cette culture pour ces agriculteurs. Il faut noter que de tels résultats positifs n’étaient pas évidents au début de cette aventure.

Il est difficile de parler de régions préférées pour cultiver les asperges au Luxembourg. Cependant il est essentiel de cultiver ces plantes sur des sols assez profonds, avec peu de cailloux, pas trop lourds et bien drainés.

3. Par quels instruments les pouvoirs publics soutiennent-ils la production d'asperges?

En ce qui concerne le soutien des pouvoirs publics, la production d’asperges peut bénéficier des aides à l’investissement que ce soit pour l’achat de machines utilisées dans la production dans les champs ou pour les investissements relatifs au conditionnement de ces légumes. La prime pour l’entretien du paysage et de l’espace naturel pour les productions maraîchères est accordée aux producteurs d’asperges qui s’engagent notamment à respecter une fumure azotée raisonnée dans leur culture.

 


André Bauler